Le Consulat de France à Dublin avant 1930

Comme de nombreuses autres grandes puissances commerciales, la France disposait tout au long du XIXème siècle d’un réseau d’agents consulaires dans de nombreuses villes portuaires irlandaises (Thom’s Directory of Ireland 1845 ; Thom’s Directory of Ireland 1872). Leur fonction principale était de représenter et de défendre les intérêts économiques du commerce français, et ils n’accomplissaient que très peu de missions diplomatiques et politiques. Toutefois, en écho peut-être à l’intérêt tout particulier que la France portait déjà aux affaires irlandaises, elle semble avoir été le seul pays dont les consuls étaient des ressortissants nationaux - et non des marchands irlandais ayant des intérêts dans tel ou tel pays dont ils assuraient la représentation consulaire. Les consuls de France étaient donc bien français, et c’est ainsi que le comte Gabriel de Lantivy de Kerverno était consul à Dublin en 1852.

Il semblerait que la France ait été le deuxième pays, après les Etats-Unis, à établir une véritable mission diplomatique en Irlande, et ce dès la fin des années 1880 (les E-U l’ayant fait dès 1859). L’Irlande n’étant pas alors un pays souverain, le consulat de Dublin dépendait bien sûr de l’ambassade de Londres.

Tous les services du consulat se trouvaient après la guerre au 32 St. Stephen’s Green. En 1922, y travaillaient aux côtés du Consul Alfred Blanche, nommé en 1918, le Vice-Consul M. Jean Vacher-Corbière, l’Attaché M. Camille Gérard et la secrétaire de l’Ambassadeur Miss Phyllis Akroyd (Thom’s Directory of Ireland 1922). Alfred Blanche voulait la création d’un consulat général indépendant de l’ambassade de Londres, prenant acte du traité anglo-irlandais de 1921 et la création de l’Etat libre d’Irlande. Ses efforts ne furent pas récompensés pendant son séjour à Dublin, et il fallut attendre la transformation du consulat en Légation, le 29 juillet 1930, pour qu’une représentation diplomatique de plein exercice s’établisse à Dublin. Alfred Blanche fut alors remplacé par le ministre plénipotentiaire Charles Alphand.

publié le 18/12/2018

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